Lui soumettre nos différends


"
Non ! Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront
demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu
auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement (à ta sentence)
" [Sourate An Nissa,
4,Les Femmes v.65].
Et Allah a dit aussi : "
O les croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux
d’entre vous qui détiennent le commandement. Puis, si vous vous disputez en quoi que ce
soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au jour dernier. Ce
sera bien mieux et de meilleure interprétation ( aboutissement).
" [Sourate An Nissa, 4,Les
Femmes v.59]
"
Et ils (les hypocrites) disent : «Nous croyons en Allah et au messager et nous
obéissons». Puis après cela, une partie d'entre eux fait volte-face. Ce ne sont point ceux-là les croyants.
Et quand on les appelle vers Allah et Son messager pour que celui-ci juge
parmi eux, voilà que quelques-uns d'entre eux s'éloignent. Mais s'ils ont le droit en leur
faveur, ils viennent à lui, soumis. Y a-t-il une maladie dans leurs coeurs ? ou doutent-ils ?
ou craignent-ils qu'Allah les opprime, ainsi que Son messager ? Non ! mais ce sont eux les
injustes. La seule parole des croyants, quand on les appelle vers Allah et Son messager,
pour que celui-ci juge parmi eux, est : «Nous avons entendu et nous avons obéi». Et voilà
ceux qui réussissent.
"[Sourate An Nour, 24, Versets 47 à 51]
Prendre le Prophète
et ses héritiers pour juges de nos différends, est, à la lumière de ces
versets, ce qui éloigne de toute hypocrisie.
Comment cela peut-il se faire à notre époque ?
1) rechercher la conformité à la sharia de nos actions. Les actions n'ont de valeur qu'en
fonction des intentions, ainsi que le clame le célèbre hadith, mais elles ne sont acceptées que si
elles sont conformes à la sharia. Par exemple, médire est incorrect, même si notre intention nous
parrait bonne.
2) Examiner son intention : Les sages et saints de l'islam ont poussé jusqu'à préconiser
l'abstinence de toute action dont l'intention pourrait procurer un plaisir égotique, même si la
sharia la permet. Par exemple, la vengeance. Ils ont demandé à ce que la sharia ne soit pas un
prétexte pour assouvir nos passions ou nos déséquilibres intérieurs. Pour cela ils ont enseigné la
conscience et la vigilance.
Ainsi ils sont arrivés aux degrés des Pieux, craignant Dieu en tout, même lors de l'obéissance à
Ses commandements.
3) garder une souplesse et une ouverture vers la facilité et la miséricorde
Le Prophète
nous a enseigné qu'il y avait
des degrés dans le jugement d'une affaire. Ainsi il préférait toujours
ce qui était facile. Dans un litige, il cherche à savoir les motifs des
actions des gens et propose autant que possible la réconciliation et la
miséricorde, en orientant les gens vers la recherche de la satisfaction
d'Allah. Un jugement entre frères à la foi forte et élevée ne sera pas
le même qu'un jugement entre un croyant et un incroyant. Alors que ce
dernier visera l'application stricte du droit pour assurer la justice,
le premier cas appelle une éducation et une élévation des âmes vers ce
qui leur apportera le plus de rapprochement d'Allah et de satisfaction
spirituelle. Ainsi le Noble Prophète
exprimait-il les qualités divines de Justice (personne ne sera lésé)
et de Miséricorde (le pardon divin est pour ceux qui ont pratiqué le pardon
dans leur vie)
4) Accepter d'avoir tort, c'est une caractéristique des hypocrites que de ne pas l'accepter.
"Et quand on les appelle vers Allah et Son messager pour que celui-ci juge parmi eux, voilà
que quelques-uns d'entre eux s'éloignent. Mais s'ils ont le droit en leur faveur, ils viennent
à lui, soumis. Y a-t-il une maladie dans leurs coeurs ? ou doutent-ils ? ou craignent-ils
qu'Allah les opprime, ainsi que Son messager ? Non ! mais ce sont eux les injustes."
[sourate An Nour, versets 48 à 50]
5) Accepter la vérité une fois qu'on l'a rencontrée. Ne garder aucune opposition
intérieure aux lois de l'islam. Ne pas choisir celles qui nous arrangent.
[Sourate Al Ahzab, 33, Verset 36]
"
Il n'appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois que Dieu et Son messager
ont décidé d'une chose d'avoir encore le choix dans leur façon d'agir. Et quiconque
désobéit à Dieu et à Son messager s'est égaré certes d'un égarement évident.
"
6) Accepter de changer
"
La seule parole des croyants quand on les appelle vers Allah et Son Messager, pour que
celui ci juge parmi eux, est : " Nous avons entendu et nous avons obéi ". Et voilà ceux qui
réussissent.
" [ Sourate An Nour, 24, v.51 ].
Et aussi : "
Dieu ne change pas ce qui est dans un peuple tant qu'il ne change pas ce qui en
lui-même
" [Sourate Al Anfal, 8, verset N° 53]
7) Faire
confiance à Dieu dont la Sagesse et la Justice se réalisent et dont
la Miséricorde entoure toute chose. Celui qui a remis son affaire à Allah
et à Son Messager
n'a rien à craindre.
Méthode à suivre dans la confusion :
Les conseils précédents sont faciles à mettre en oeuvre dans un litige assez clair. Mais dans la
vie, il arrive que les choses soient assez confuses et que la réponse de la sharia à notre
problème n'apparaisse pas clairement. Ce n'est pas un défaut de la sharia, mais cela vient de
nos limitations, notre ignorance à son sujet, cela peut venir aussi du manque de personne
compétente à traiter le sujet ou de notre incapacité à poser notre problème d'une façon
convenable.
1) le travail
sur le problème est très important. Comme dit précédemment, il faut
connaître les motifs, les tenants et les aboutissants. Il importe pour
celui qui veut être sincère de savoir ce qu'il veut vraiment et pourquoi
il en est arrivé là. Le Prophète
a dit : "la bonne question est la moitié du savoir". (Al
Abi)
2) Celui qui a franchit cette étape doit ensuite se renseigner sur les possibilités
offertes par la sharia de résoudre son problème. S'il n'arrive pas à choisir, il doit consulter
son coeur et pour cela il a trois manières :
a) faire la prière de l'istikhara, qui est suivie d'une invocation particulière dans laquelle on
demande le secours divin pour son affaire.
b) consulter son cheikh: "
Si vous ne savez pas, demandez aux détenteurs de l'Edification
".
(An Nahl 16, verset 43) Ahl Dhikr sont ceux qui ont obtenu la maîtrise spirituelle, et pas
seulement la connaissance extérieure.
Et s'il n'a pas de cheikh, rechercher le conseil de personnes avisées et sages. En effet, la
religion, c'est le bon conseil. "
Leurs décisions naissent de leur consultation mutuelle
" (Sourate
ach Chura 42, verset 38) Il se peut qu'à travers ses frères pieux, un conseil touche
particulièrement son coeur. C'est celui-là qu'il doit suivre.
c) consulter
son propre coeur, ainsi que l'a conseillé le Prophète
: "Quand une affaire te trouble, consulte ton coeur"
"Ô Wâbisa
! (il s’agit d’un Compagnon qui était venu questionner
le Prophète au sujet des bonnes et des mauvaises
actions.) Questionne ton coeur ! Consulte ta conscience ! (Il répéta ceci
en trois fois.) La bonne action (c’est à dire le bien) est celle
par rapport à laquelle la conscience est sereine. La mauvaise action
(ou le mal) est ce qui accroche au coeur et à propos de laquelle un doute
subsiste au sein de la poitrine; (ne fais donc pas cette chose,) même
si les gens émettent des " Fatwas " (sur sa licéité). "
Dans une autre
version de ce Hadith, le Prophète
ajoute: "Lorsque la bonne action que tu accomplis te procure
de la joie et la mauvaise action que tu fais te tourmente, alors, tu es
un véritable croyant."
Voir aussi dans cette rubrique : Lui faire allégeance
- Rechercher un héritier authentique
- Lui soumettre nos différends - Mettre
sa vie à son service -
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